Le GridWalk, c’est cet intervalle un peu étrange où la course n’a pas encore commencé mais où tout y pense déjà. On déambule entre les voitures, on s’approche, et à un moment on colle le nez contre la vitre d’une Ferrari 296 GT3 parce que c’est impossible de passer devant sans s’arrêter et d’admirer.
Ce qui frappe d’abord, c’est la densité. Le volant concentre une quantité indécente d’informations : boutons, molettes, diodes, le cheval cabré quelque part au milieu. Le câblage court partout où il peut, retenu par des attaches orange. Les harnais sont rouges, le reste est noir, gris, carbone. L’écran Bosch Motorsport est éteint. Dans quelques dizaines de minutes il ne le sera plus.
J’ai cadré depuis la lucarne ouverte de la vitre, la porte restée fermée. C’est cette contrainte qui a imposé l’angle : légèrement plongeant, décalé, avec cette profondeur vers le fond de l’habitacle, le volant au centre, la lumière froide du Castellet qui entre par l’autre côté et découpe les formes.
Le traitement est resté neutre, presque documentaire. Je ne voulais pas en faire plus que ce que c’était : une machine à l’arrêt, pour encore un moment.

