Il y a des photos qui se préparent, et d’autres qu’on vole dans la nuit. Celle-ci, je l’ai volée.
L’étang était là, immobile, indifférent. Les pins sous les projecteurs se découpaient dans le noir comme des apparitions, leur reflet dans l’eau si net qu’on ne savait plus où finissait la réalité et où commençait l’image.
J’ai posé l’appareil, cadré large pour garder ce ciel tourmenté avec ces nuages roses et violets qui disent qu’il y a de la vie quelque part et j’ai laissé le temps faire. Longue exposition, eau figée, lumières étirées.
Le premier plan noir, c’est voulu. Sans cette base sombre, ce vide, le reste n’existe pas. La photo perd son poids.
Les Landes ont ce truc rare de sembler silencieuses même quand elles ne le sont pas. Cette nuit-là, l’étang respirait à peine et m’a offert une vue à couper le souffle.

